La main de Thôt : Théories, enjeux et pratiques de la traduction

Illustration de Sylvian Meschia

La main de Thôt : ISSN 2272-2653

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n° 4 - Traduire ensemble pour le théâtre - Recensions

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Olivier Sauvage

CASANOVA, Pascale , La Langue mondiale. Traduction et domination, Le Seuil, coll. « Liber », octobre 2015, 144 pages.

Texte intégral

1En 1999, Pascale Casanova avait publié La République mondiale des Lettres1, une étude de quelques cinq cents pages qui se proposait de mettre à jour et d’analyser l’« invisible et puissante fabrique de l’universel littéraire » à l’œuvre à l’échelle internationale. Entendant dissiper l’illusion d’une littérature débarrassée de toute contingence économique, politique et sociale, l’auteur se plaçait dans l’optique bourdieusienne et soulignait que le champ littéraire était un espace inégalitaire soumis à une logique de domination, la liberté de l’écrivain ne pouvant être arrachée qu’au prix d’un âpre combat. La Langue mondiale, paru à l’automne dernier dans la collection « Liber » fondée par Pierre Bourdieu aux éditions du Seuil et actuellement dirigée par Jérôme Bourdieu et Johan Heilbron, prolonge sa réflexion en examinant un aspect particulier de ce système. Selon l’auteur, la langue reflète en effet elle aussi les mécanismes de domination littéraire et culturelle.

2Dans son « Exordium », Pascale Casanova expose avec clarté l’objet de son nouveau livre. Il s’agit tout d’abord d’aller à l’encontre de l’idée selon laquelle la pluralité des langues serait simplement un bienfait qui permettrait de résoudre tous les problèmes en mettant tous les idiomes et toutes les cultures sur un pied d’égalité. Il s’agit hélas d’un préjugé optimiste qui pèche par ignorance d’un « fait fondamental » : « la communication entre les langues, par le biais du bilinguisme […], de la diglossie […] ou de la traduction, reproduit (ou renforce) les inégalités linguistiques beaucoup plus qu’elle ne les corrige. » (p. 9-10) Et l’essayiste ajoute : « Traduction et bilinguisme collectif sont des phénomènes à comprendre non pas ‘contre’ mais ‘à partir’ de la domination linguistique et de ses effet : au lieu de lui échapper, ces phénomènes reproduisent le rapport de force entre les langues. » (p. 10) Ainsi, Pascale Casanova partage le point de vue de Bourdieu, qui écrivait en 1977 que les linguistes « ont raison de dire que toutes les langues se valent linguistiquement ; ils ont tort de croire qu’elles se valent socialement2. » Une hiérarchisation des langues se constitue en effet selon leur proximité au pouvoir, leur légitimité ou les profits symboliques que l’on peut en tirer. À chaque époque, une langue a émergé de l’ensemble des autres pour des raisons de « prestige » et pour assurer son succès, elle a usé de son pouvoir de domination pour se propager plus efficacement que ses concurrentes. Cette langue dominante est qualifiée de langue mondiale par P. Casanova, qui s’inspire ici d’Abram de Swaan, qui a classé les langues en fonction de l’ampleur de leur rayonnement, en partant des langues périphériques pour arriver à la langue hypercentrale, en passant par les langues centrales et les langues supercentrales3.

3Le premier chapitre s’intéresse au bilinguisme latin-français pratiqué au Moyen Âge et sous l’Ancien régime. Reprenant les analyses de Françoise Waquet et Serge Lusignan4, Pascale Casanova rappelle que « le ‘peuple’ parlait latin » (p. 23), au contraire des clercs et de la noblesse, puis elle affirme que « le bilinguisme est l'un des indices le plus forts de dépendance linguistique. » (24) À l'instar du sociolinguiste anglais Anthony Lodge5, elle estime que la plupart des études historiques portant sur la langue française procèdent d'une vision téléologique trop simpliste, qui obéit à des fins mythologisantes qui occultent des processus beaucoup plus complexes : « l'émergence du français standard n'a pu se faire qu'à travers l'apparition de dialectes coexistants et concurrents dans la même aire géographique et sociale, et de pratiques linguistiques et sociales réelles, c'est-à-dire l'existence avérée de pratiques bilingues qui n'expliquent pas seulement les changements et évolutions de la langue française ‘à venir’, mais aussi et surtout les luttes, les instabilités, les incertitudes, les différences, les hiérarchies entre les langues et selon les contextes. » (p. 25) Charles A. Ferguson, qui fit date dans l'histoire de la sociolinguistique en proposant en 1959 la notion de diglossie, est également convoqué, car celui-ci « a montré – en s'intéressant seulement aux variétés d'une même langue qu'il a appelées ‘diglossie’ – que l'usage de chacun des dialectes ou des différentes langues était socialement différencié, ou qu'il était hiérarchisé selon l'importance sociale accordée à l'action d'énonciation. » Si Ferguson n'a pas employé le terme de domination linguistique, ses travaux invitent à l'utiliser. Les pages où P. Casanova développe cette thèse sont particulièrement stimulantes, de même que les passages qui exposent la réflexion d'Erich Auerbach sur le renouveau du latin à l'époque scolastique6.

4Au XVIe siècle, la rivalité entre latin et français s'intensifia. Laquelle des deux langues était-elle la mieux à même d'exprimer la pensée, la poésie ? Au même moment germa une réflexion linguistique œuvrant à émanciper la langue vernaculaire de l'emprise des catégories de pensée issues des grammairiens latins. Joachim Du Bellay, avec sa Deffence et illustration de la langue françoyse, publiée en 1549, apporte une contribution cruciale au débat.

5Au cours du chapitre suivant, « Quand le français devait être défendu », l'auteur de La Langue mondiale offre une analyse minutieuse de l'opuscule du poète de la Pléiade. Georges Mounin, cité avec à-propos par Pascale Casanova, avait résumé les prises de position de Du Bellay : la traduction est une « concurrente à combattre », au même titre que « le grec et le latin », coupables d'empêcher la naissance d' « une littérature française originale7. » Récusant par ailleurs à la fois l'idée d'une hiérarchie des langues et le caractère ancillaire du français vis-à-vis du latin, Du Bellay « laïcisait la problématique linguistique et attribuait non à Dieu ni à la nature, mais au travail des hommes, la richesse ou la pauvreté des langues. » (p. 44) Réflexion novatrice en France, mais en Italie, Sperone Speroni avait défendu une semblable thèse dès 1542 dans son Dialogue des langues, reprenant une réflexion débutée dès le De Vulgari eloquentia de Dante.

6L'enrichissement linguistique du français se double d'une autre intention, d'ordre politique, inspirée de la doctrine carolingienne de la translatio studii et imperii : « la puissance, la légitimité et le savoir seraient nés en Grèce, se seraient ensuite déplacés à Rome puis auraient été transférés à l'un des pays européens en lutte pour l'héritage exclusif, le monopole de la ‘translation’ de ce pouvoir et de ce savoir : les Français, les Anglais et les Germains principalement étaient en lutte pour l'acquisition de ce transfert. » (p. 49) Pascale Casanova rappelle comment le grand médiéviste Jacques Le Goff résumait les enjeux de ce transfert : « Le transfert de pouvoir, translatio imperii, est avant tout un transfert de savoir et de culture, translatio studii8. » Le terme de translatio est d'autant plus significatif qu'il désigne aussi en latin la traduction, et qu’il fut employé par les clercs français jusqu'à l'invention du néologisme « traducteur » par Étienne Dolet en 1540.

7Du Bellay exalte l'excellence de la langue française dans son aptitude à « rendre fidelement ce qu'elle emprunte des autres9 » ou, comme l'explicite Pascale Casanova, « à être une langue d'intraduction correcte et digne de ce nom » (p. 51). « En d'autres termes, ajoute-t-elle, et contrairement à ce que disaient encore les traducteurs des XIIIe et XIVe siècles, la langue était suffisamment riche lexicalement pour pouvoir transcrire tous les types de discours, y compris les plus savants. » (ibid.)

8L'image de l'ingestion, employée dans la suite du traité de Du Bellay, offre une clé d'interprétation capitale : en « dévorant » les trésors culturels et linguistiques des Anciens, « & apres les avoir bien digerez », la langue française aspire à « les convertir en bien propre », comme Pascale Casanova le faisait déjà remarquer dans La République des Lettres. Quant à la théorie de l'imitation prônée par le poète, elle n'est pas admiration servile des grands artistes du passé, mais acte volontaire et combatif d'appropriation d'un patrimoine antique qu'il s'agit de conquérir pour s'en affranchir. Dans ce dessein, la traduction est considérée comme une ennemie. Il qualifie ainsi les traducteurs de « reblanchisseurs de muraille », car ceux-ci étaient coupables de « faire passer un classique d'une langue dans une autre » sans permettre « une grande accumulation de capital » culturel et symbolique. Du Bellay se fait donc a contrario l'avocat de la « traduction non fidèle, in-fidèle, qui rendrait possible d'augmenter les ressources françaises sans que 'l'imitateur' soit contraint par les textes. Autrement dit, conclut Pascale Casanova, il fait l'éloge des traductions approximatives ou sans signature, qui permettraient un meilleur transport de la valeur de la langue ancienne. » (p. 52-53). Le genre d'imitation qui a les faveurs de Du Bellay passe par l'amplification, l'ornement et le « pillage », métaphore qui exprime avec vigueur la dimension offensive de l'entreprise de réappropriation qu'il promeut.

9Dans la seconde partie de son manifeste, consacrée à des considérations sur le champ littéraire contemporain, il défend Clément Marot mais dédaigne la poésie de tradition française pour lui préférer les productions italiennes, ainsi que les œuvres grecques et latines. Posture paradoxale qui semble contredire tout ce qui a été affirmé antérieurement, ainsi que n'ont pas manqué de le relever des détracteurs comme Barthélémy Aneau. Cependant, le choix de Du Bellay se comprend mieux si on l'inscrit dans le contexte de la rivalité littéraire internationale de l'époque. Chaque nation désire surpasser ses concurrentes dans le « grand championnat européen10 » artistique et culturel si justement caractérisé par Marc Fumaroli. La grandeur, l'aura et la noblesse du grec ancien et du latin étant universellement reconnues, « ces langues anciennes [sont devenues] la seule mesure paradoxale de la modernité linguistique et littéraire. » (p. 59) Il faut donc composer avec elles. Les poésies françaises issues du fonds populaire médiéval, incapables de rivaliser en prestige et de peser dans la bataille entre le toscan et le français, doivent être écartées pour des raisons stratégiques. La métaphore de la conquête guerrière, récurrente dans la Défense et Illustration, doit être prise au sérieux : « Le français devait être défendu contre la latin comme aujourd'hui contre l'anglais auquel il est fait beaucoup d'emprunts. » (p. 60)

10C'est d'ailleurs dans la sphère anglophone que nous conduit le chapitre 3, intitulé « La traduction comme conquête ». À l'époque élisabéthaine, la pratique de la traduction devient un phénomène massif, dans des proportions comparables à ce qui s'était produit dans la France du XVIe siècle. Les Anglais lettrés importèrent les grands textes grecs et latins, en leur adjoignant des ouvrages français. Charles Whibley, historien littéraire britannique qui collabora à la monumentale Cambridge History of English and American Literature11, démontre à ce propos que ses compatriotes érudits du siècle d'Elisabeth pratiquaient plus aisément le français que les langues anciennes, ce que constate aussi une étude récente coordonnée par Roger Ellis12, signe annonciateur de la position dominante que détiendra le français par la suite.

11À la fin du dix-huitième siècle, le « programme de traduction13 » initié par les romantiques allemands fournit une autre illustration des stratégies d'appropriation des trésors antiques. Ainsi que le rappelle Pascale Casanova, « [c]ette ‘nationalisation’ d'un patrimoine étranger et noble entre tous permit aux Allemands de 'rattraper du temps', de regagner par l'accumulation initiale de ce capital autorisé par la traduction, l'ancienneté manquante et surtout de revendiquer la supériorité du latin et du grec pour mieux dénier celle, contemporaine, du français devenu langue mondiale. » (p. 73) Herder inventa, « au sens fort de conformité du texte-cible au texte-source », la notion de fidélité (Treue) dans la traduction, terme qui revêt une grande force symbolique dans la culture allemande de l'époque, ainsi que l'a souligné Antoine Berman14. Wilhelm von Humboldt se fit à son tour le défenseur de la « pure et simple fidélité15 », à rebours des traductions à la française, peu soucieuses d'exactitude.

12Le quatrième chapitre de La Langue mondiale nous ramène en France. Alors qu'au XVIe siècle, la langue française était encore dans l'ombre du latin, un mouvement progressif d'inversion du rapport de force culturel entre les deux idiomes va s'opérer au cours des siècles suivants. Sous Louis XIII, et grâce à l'action de Richelieu, créateur de l'Académie française en 1635, la langue vernaculaire du royaume commence à se hisser au niveau du latin. Comme Marc Fumaroli l'explique, « le français commençait à distancer l'espagnol, l'italien et même le latin comme langue de la diplomatie : il marquait des points comme langue du commerce des idées16 ». La querelle des Anciens et des Modernes résulte de l'affrontement entre les partisans de la supériorité absolue et éternelle du latin et les défenseurs de la langue française, véhicule de la modernité esthétique et littéraire. À la même époque apparut la « traduction libre », pour reprendre l'expression d'Antoine Berman citée par Pascale Casanova17, et qui relevait davantage d'une adaptation et d'une mise en conformité avec les normes du goût et de l'élégance en vigueur à la Cour du roi Soleil. C'est alors le règne des « belles infidèles », selon l'expression du grammairien et poète précieux Gilles Ménage18. On ne doit ni s'asservir au texte original, ni tomber dans le mot à mot, ainsi que Marc Fumaroli le rappelle. Roger Zuber explique que l'infidélité permet de privilégier la forme et le style. Les traducteurs désiraient s'attirer les faveurs de leurs lecteurs, ce qui engendra « une translation hétéronome et ethnocentrique », selon les termes de P. Casanova. Le nom de l'auteur du texte-source en venait à passer au second plan, et bien souvent il disparaissait totalement, selon un « procédé d'annexionnisme des dominants » (p. 81) expliqué en détail par Pascale Casanova. Les traductions infidèles furent monnaie courante aux XVIIe et XVIIIe siècles, période où le français atteignit une « hégémonie » encore « inimaginable au XVIe siècle19 », mais elles perdurèrent au XIXe, et même au début du XXe. Georges Mounin mentionne ainsi les récrimination de Tourgueniev contre le traducteur de ses Mémoires d'un chasseur : « M. Charrière introduit un nouveau personnage qu'il décrit longuement avec complaisance […], il taille, il coupe, il change, il a horreur du mot propre, il met une queue en trompette au bout de chaque phrase20 », puis les propos édifiants d'Edmond Clary : « Tolstoï a été épuré par de zélés traducteurs qui ont fait jouer des castagnettes, au lieu de tambourins, aux montagnards du Caucase21 ».

13Le dernier chapitre du dense essai de Pascale Casanova se penche sur un texte majeur de Giacomo Leopardi, le Zibaldone, sorte de journal intime intellectuel tenu entre 1817 et 1832. Cette riche somme d'annotations littéraires offre de nombreuses pages de réflexions sur les langues et la question de la traduction. Leopardi ne fut pas seulement un grand poète. Il défendit aussi la cause italienne et promut un renouveau national.

14Le français et la culture française sont alors en position dominante dans la sphère culturelle italienne. L'ambition des défenseurs de l'unité et de l'indépendance de l'Italie avait par conséquent une portée linguistique. Il s'agissait d'arracher la langue italienne à sa place de perdante reléguée à la périphérie culturelle de l'Europe.

15Leopardi critique avec vigueur les traductions infidèles et annexionnistes et condamne sans appel la « reconstruction-transformation systématique de l'original » (p. 115) Partant de la constatation selon laquelle une bonne partie de la population mondiale est bilingue, il déplore que la France « n'est généralement pas bilingue », pas plus que « [s]es lettrés et [s]es savants22 ». Il explique ce monolinguisme par « l'orgueil de cette nation ou par le fait que leur langue étant employée dans le monde entier, ils n'ont pas besoin d'en posséder une autre pour se faire comprendre de qui que ce soit. » (id.) Pascale Casanova transpose cette situation à notre époque, où l'anglais a remplacé le français dans ce rôle de langue dominante qui exerce son pouvoir tyrannique.

16En conclusion de son ouvrage, Pascale Casanova offre une analyse de la situation linguistique contemporaine. Selon elle, une large part de ce que Leopardi disait du français au début du XIXe siècle peut s'appliquer à l'anglais du XXIe siècle : « Le problème de la valeur par exemple n'a pas changé : l'anglais, au lieu de faire perdre de la valeur, en fait gagner. De même, c'est parce que l'anglais est aujourd'hui dominant que ses traducteurs peuvent se permettre d'être plus attentifs aux demandes de leur public qu'aux impératifs du texte. Les éditeurs autorisent, sinon favorisent des traductions ethnocentriques et pas seulement cela mais aussi des analyses, des études, des points de vue, des mises en garde, des explications, des textes, des explicitations, etc. » (p. 124) Le livre s'achève sur un constat pour le moins inquiétant, même si Pascale Casanova affirme que la lutte contre la domination domestique reste pertinente et doit être menée. Elle en appelle du reste aux locuteurs, dont le rôle est plus crucial qu'ils ne le pensent.

17Riche d'une vaste documentation et de références scientifiques de première main, La Langue mondiale est un plaidoyer engagé pour la diversité linguistique. L'auteur revisite l'histoire de la traduction à la lumière des analyses sociologiques de Pierre Bourdieu, et elle entend dévoiler les mécanismes de la domination linguistique à l’œuvre à travers les époques. Sa démonstration est souvent convaincante, d’autant que les multiples compétences de Pascale Casanova, à la fois universitaire, chercheuse en littérature, critique littéraire et écrivain, permettent des mises en perspectives extrêmement bienvenues. La Langue mondiale est une étude ambitieuse que l'on ne peut que recommander pour son sérieux. Ses partis pris parfois très tranchés ont le grand mérite de mettre en avant une question linguistique dont les enjeux sont considérables.

Notes de fin numériques :

1 Pascale Casanova, La République mondiale des Lettres, Paris, Seuil, 1999, rééd. coll. « Points essais », n° 607, 2008.

2 Pierre Bourdieu, « L’économie des échanges linguistiques », Langue française, Paris, Larousse, n°34, mai 1977, p. 23.

3 Abram de Swaan, Words of the World: The Global Language System, Cambridge, Polity Press, 2001.

4 Françoise Waquet, Le Latin ou l'Empire d'un signe. XVIe-XXe siècle, Paris, Albin Michel, 1999. Serge Lusignan, Parler vulgairement. Les intellectuels et la langue française aux XIIIe et XIVe siècles, Paris-Montréal, Vrin-Presses de l'université de Montréal, 2e éd., 1987.

5 R. Anthony Lodge, Le Français. Histoire d'un dialecte devenu langue [French: from dialect to standard, Londres ; New York, Routledge, 1993], trad. par Cyril Veken, Paris, Fayard, 1997.

6 Erich Auerbach, Le Haut Langage. Langage littéraire et public dans l'Antiquité latine tardive et au Moyen Âge [Literatursprache und Publikum in der lateinischen Spätantike und im Mittelalter, Berne, Francke Verlag, 1958], trad. par Robert Kahn, Paris, Belin, 2004.

7 Georges Mounin, Les Belles Infidèles, Éditions des Cahiers du Sud, 1955.

8 Jacques Le Goff, La Civilisation de l'Occident médiéval, Paris, Arthaud, 1964, p. 218.

9 Cité par P. Casanova p. 51.

10 Marc Fumaroli, « Le génie de la langue française », in Pierre Nora (éd.), Les Lieux de mémoire, t. III, 2, Paris, Gallimard, 1992, p. 914, cité par Pascale Casanova p. 59.

11 The Cambridge History of English and American Literature, Cambridge University Press, 18 vol., 1907-1921. Pascale Casanova s’appuie aussi sur The Oxford History of Literary Translation in English, coordonnée par Gordon Braden, Robert Cummings, Roger Ellis, Peter France, Stuart Gillespie, Kenneth Haynes et David Hopkins, Oxford-New York, Oxford University Press, 4 vol., 2005-2010.

12 Roger Ellis (éd.), The Medieval Translator: the theory and practice of translation in the Middle Age, Cambridge, D. S. Brewer, 1989.

13 Antoine Berman, L'Épreuve de l'étranger. Culture et traduction dans l'Allemagne romantique, Paris, Gallimard, 1984, p. 29, cité par Pascale Casanova p. 72.

14 Op. cit., p. 61, cité par Pascale Casanova p. 73.

15 Wilhelm von Humboldt, Sur la traduction, Partie centrale de l'Introduction à l'Agamemnon d'Eschyle [Einleitung zu Agamemnon], traduit par Denis Thouard, in Sur le caractère national des langues, et autres écrits sur le langage, Paris, Seuil, coll. « Points essais », n° 425, 2000, p. 39, cité par P. Casanova p. 73.

16 Marc Fumaroli, Les Abeilles et les Araignées, in Anne-Marie Lecoq et Jean-Robert Armogathe (éd.), La Querelle des Anciens et des Modernes, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », n° 3414, 2001, p. 13, cité par P. Casanova p. 78.

17 Antoine Berman, La Traduction et la Lettre ou L'Auberge du lointain, Paris, Seuil, 1999, p. 178, cité p. 80.

18 Roger Zuber, Les 'Belles infidèles' et la formation du goût classique, p. 195, cité par P. Casanova p. 80.

19 Marc Fumaroli, op. cit., p. 14, cité par P. Casanova p. 77.

20 Ivan Tourgueniev, cité par Georges Mounin dans Les Belles Infidèles, op. cit., p. 10, et mentionné par P. Casanova p. 93.

21 Edmond Cary, « Défense et illustration de l'art de traduire », La Nouvelle Critique, n° 7, juin 1949, p. 88.

22 Giacomo Leopardi, Zibaldone [Zibaldone di pensieri, 7 vol., Firenze, Successori Le Monnier, 1898-1900], traduit, présenté et annoté par Bernard Schefer, Paris, Allia, 2003, p. 891.

Pour citer ce document

Olivier Sauvage, «CASANOVA, Pascale , La Langue mondiale. Traduction et domination, Le Seuil, coll. « Liber », octobre 2015, 144 pages.», La main de Thôt [En ligne], n° 4 - Traduire ensemble pour le théâtre, Recensions, mis à jour le : 09/03/2018, URL : http://revues.univ-tlse2.fr/lamaindethot/index.php?id=646.

Quelques mots à propos de :  Olivier Sauvage

Université de Toulouse 2 Jean Jaurès LLA-CREATIS (EA 4152)

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