Reflexos
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N° 001 - Fictions

[Sommaire du numéro]

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Christine Montech et Regina Antunes Meyerfeld

Traduction de neuf micronouvelles tirées du recueil Cem mentiras de verdade de Helena Parente Cunha

Texte intégral

Helena Parente Cunha (1930- )

1Originaire de Salvador, elle est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages publiés, dans les domaines de la fiction, de l’essai et de la critique littéraire. Plusieurs de ses œuvres ont été traduites en anglais, allemand, italien, hollandais.

2Elle a reçu plusieurs importants prix littéraires et son œuvre a fait l’objet d’études universitaires, de thèses de doctorat, de mémoires de master et de monographies, aussi bien au Brésil qu’à l’étranger.

3Professeur titulaire Emérite de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, elle continue d’enseigner à la Faculté des Lettres, où elle dirige des thèses de doctorat et oriente des essais et des monographies de post-doctorat. Egalement chercheuse au sein du CNPq (fondation d’appui à la recherche qui dépend du Ministère brésilien de la Science et de la Technologie), elle a prononcé plus d’une centaine de conférences tant au Brésil qu’à l’étranger et a participé à près d’une centaine de congrès et de séminaires.

Traduction

Ato fálico

Ia à missa todos os dias, missa das seis, e comungava todos os dias e só andava mangas compridas e era solteira todos os dias e tinha feito setenta anos e nunca disse um nome feio, e às sextas-feiras não comia carne, comia pouco por penitência e do peru natalino nada comia, somente às vezes, quando insistiam, comia o pescoço. A velha mão segurando intensamente. A tímida boca

     

Geste phallique

Elle allait à la messe tous les jours, la messe de six heures, et elle communiait tous les jours et elle ne portait que des robes à manches longues et elle était célibataire tous les jours et elle avait eu soixante-dix ans et elle n’avait jamais prononcé un gros mot, et elle ne mangeait pas de viande le vendredi, elle mangeait peu pour faire pénitence et, à la dinde de Noël, elle n’y touchait pas, ou parfois seulement, si l’on insistait, elle suçotait le cou. En le tenant de sa vieille main, intensément. Les lèvres timides.

O fim da tarde

Estendida sobre a mesa, a toalha bordada de extremo linho engomado. Bem no centro, a floreira com crisântemos fervorosos. De cada lado, dois castiçais de prata, as duas velas sinceras. Dois lugares. Duas cadeiras. Dois guardanapos. Duas xícaras de porcelana chinesa. Dois talheres. Dois. Duas. O bule de chá convincente. O prato de torradas, a manteiga, a geléia, o queijo, o bolo de chocolate. Indeléveis. Todo o serviço de prata. Na jarra de cristal a água isenta. Os dois copos de bacará. Tudo apurado para o chá das cinco. Tudo obtido. Tudo originado. Absorvidamente. Como ela faz todas as tardes, no fim da tarde. Como todas as tardes, no fim da tarde, ela se senta diante do lugar vazio e toma o seu chá das cinco. Como todas as tardes, sozinha. O fim da tarde.

Fin d’après-midi

Déployée sur la table, la perfection brodée d’une nappe de lin amidonné. Bien au centre, le vase empli de fervents chrysanthèmes. De part et d’autre, les deux bougeoirs en argent et les deux bougies sincères. Deux places. Deux chaises. Deux serviettes. Deux tasses de porcelaine chinoise. Deux couverts. Deux. Deux fois. La théière engageante. L’assiette de pain grillé, le beurre, la confiture, le fromage, le gâteau au chocolat. Immuables. Tout le service en argent. Dans la carafe en cristal, l’eau vacante. Les deux verres en baccarat. Tout, bien apprêté pour le thé de cinq heures. Tout, bien en ordre. Tout, bien à sa place. Avec recueillement. Comme elle le fait tous les après-midi, en fin d’après-midi. Comme tous les après-midi, en fin d’après-midi, elle s’assoit devant la chaise vide et prend son thé de cinq heures. Seule, comme tous les après-midi. En fin d’après-midi.

Tesão

Quando ela via um homem bonito passar, cavava um suspiro, fechava os olhos, huum, que tesão. Parecia viver em perene estado de tesão galopante. Suspiros, murmúrios, gemidos, tremores, arrepios, beliscão em quem tinha o azar de estar perto. Voracidade insaciavel. O tipo glorioso. Alto, forte, moreno de olhos verdes. Com este aí eu ia pra cama direto. De tesão em tesão, organizava sua galeria de tesudos. Quando retornava para seu apartamento, se assustava se o vizinho solteirão subia com ela no elevador. Entrava nervosa no quarto e, abstida, se sentava na estrita cama de solteira, solteirona, cinqüenta anos, quarto de moça virgem.

Excitation

Quand elle voyait passer un bel homme, elle lâchait un gros soupir, fermait les yeux, Mmm, qu’est-ce ça l’excitait! Elle semblait vivre sans cesse dans un état d’excitation galopante. Soupirs, murmures, gémissements, tremblements, chair de poule, un pinçon en passant à ceux qui avaient la malchance de se trouver à côté d’elle. Voracité jamais rassasiée. Le genre glorieux. Grand, fort, brun aux yeux verts. Avec celui-là, ce serait le lit direct. De désir en désir, elle organisait sa galerie de mâles affriolants. Quand elle rentrait chez elle, elle paniquait si son voisin, un vieux garçon, montait avec elle dans l’ascenseur. Elle se précipitait, nerveuse, dans sa chambre et, abstinente, elle s’asseyait sur son étroit lit à une place de célibataire, vieille fille, cinquante ans, dans cette chambre de vieille fille pucelle.

A avó

A avó que era toda pudores e era toda rubores, produzida de recatos, defendida de decoro, voltava do cardiologista e se lembrava e repetia, tão atencioso, tão discreto e tinha as mãos gordas e os dedos grossos que davam vontade da gente pegar, um dedãozinho, grossinhozão.

La grand-mère

La grand-mère, qui était toute pudeur et qui était toute rougeur, toute discrétion, cuirassée de bienséance, revenait de chez le cardiologue et se rappelait et ne cessait de répéter, tellement gentil, tellement discret et il avait des mains épaisses et de gros doigts qui me donnaient envie de les attraper et de les serrer, et ce gros petit pouce, si grassouillet…

Femininamente

O rosto anoitecido, o corpo devastado, o sentar despedaçado. A mão feminina ondeja sensual ajeitando os ralos cabelos mal pintados, o branco mais branco junto ao couro cabeludo aparecido. Desesperadamente, eu não olhava o seu se olhar despartido no espelhinho da bolsa.

Fémininement

Le visage assombri, le corps dévasté, l’assise démolie. La main féminine ondule sensuelle arrangeant les rares cheveux mal teints, le blanc plus blanc près du cuir chevelu dénudé. Désespérément, j’évitais ce regard se regardant renvoyé par son petit miroir de poche.

Avidez

Parada ela estava, ali, perto do ponto do ônibus, e flácida e grisalha, a corrente do cachorrinho presa numa das mãos, a outra mão levando à boca, veementemente, o picolé cor-de-rosa, ávida a língua.

Convoitise

Immobile, elle se tenait là, près de l’arrêt du bus, grosse et flétrie, couleur de muraille, la laisse du petit chien tenue d’une main, l’autre main portant à sa bouche, avec ferveur, l’esquimau de glace rose, la langue avide.

Ainda

O rosto, o pescoço, os braços, as mãos, os sulcos do fugir do tempo. O tempo se excede em suas marcas. A pele encrespada se transpõe. Se ratifica. Imemorial. Ela dura no duro prazo. Caminha sucessiva. Velhamente. O peso das rugas arrasta seus passos. Sentada, o movimento se solidifica. Recomeçada, ela abre o tubo. O tubo de creme. Tremula o trêmulo gesto de passar o creme. O creme de tratar as mãos. Ainda e antiga.

Encore

Le visage, le cou, les bras, les mains, les sillons du temps qui s’enfuit. Le temps se surpasse dans ses marques. Sa peau craquelée se bouffit. Elle se ratifie. Immémoriale. Elle endure la dure échéance. Elle avance à petits pas successifs. Vieillottement. Le poids des rides alourdit ses pas. Assise, son mouvement se fige. Retrouvée, elle dévisse le tube. Le tube de crème. Tremblote le tremblotant geste d’étaler la crème. La crème de soin pour les mains. Encore là et si vieille.

O Nome

Era uma mocinha preta de tão preta. O obtuso cabelo se aninhava palidamente na cabeça. O nariz se diluía em melancólico miudinho no rosto amorfo. A roupa remendada e amarrotada se desenvolvia frouxa sobre o corpo repleto de ossos, em cima das perninhas tristes, marcadas de antigas feridas. Um sapatinho anti-sapato de tão dessapato. Uma sacola de supermercado, onde guardava uns magros guardados. O olhar dissipado que fechava sem concluir. A voz embaçada no susto de cada som. Os gestos deslustrados na indecisão de cada esboço. Se chamava Marilyn Monroe da Silva.

Le nom

C’était une gamine noire-noire à force d’être noire. Son obtuse chevelure se nichait pâlement sur sa tête. Son nez se fondait en mélancolique petitesse dans son visage indécis. Ses vêtements froissés et rapiécés flottaient vaguement autour d’un corps rempli d’os, au-dessus de petites jambes tristes, marquées par d’anciennes cicatrices. De pauvres souliers anti-souliers à force d’avoir été souliers. Un vieux sac de supermarché où elle conservait quelques maigres appartenances. Son regard incertain fuyait sans conclure. Sa voix étouffée dans l’effroi du moindre son. Ses gestes retenus dans l’esquisse indécise du moindre mouvement. Elle s’appelait Marilyn Monroe da Silva.

Despedida

Faz muitos e muitos anos. Eles viviam numa cidadezinha pobre, sem recurso. Era preciso mandar a menina para a casa da madrinha na capital. Mas ela é muito pequena, só tem cinco anos. Quanto mais cedo melhor. É tão longe, cinco dias de viagem no navio. O pai não podia levar. Ela vai sozinha, recomendo ao comandante. Mas ela é tão pequenina. Quanto mais cedo melhor. No fim do ano ela volta, para passar as férias. No dia da viagem, a menina estava pronta, laço de fita branca amarrado no cabelo. O pai carregava a mala e a menina pela mão. A menina segurava uma boneca de pano. Vamos que está na hora. Menina bonita não chora. O cheiro do navio tornava o ar mais pastoso. Comandante, esta é a minha filha. Mas ela é tão pequenina. O pai não quis esperar a partida do navio. A menina se agarrava às graves cordas da amurada. O pai se foi caminhando, não se voltava para trás. Os marinheiros choravam vendo o choro da menina. O pai se afastava mais, sem se voltar para trás. O navio foi largando, acenos de lenços brancos. Os passageiros choravam aos soluços da menina. Caiu a boneca na água, a sainha inflada ao vento. O laço de fita branca do cabelo da menina boiava entre as ondas do mar. O pai desapareceu sem se voltar para trás. A menina pequenina, vendo a água que crescia, olhava o fundo do mar.

L’adieu

C’était il y a longtemps, très longtemps. Ils vivaient dans une petite ville pauvre et sans ressources. Il fallait envoyer la petite fille chez sa marraine, dans la capitale. Mais elle est si petite, elle n’a que cinq ans. Le plus tôt sera mieux. C’est si loin, cinq jours de voyage en bateau. Son père ne pouvait pas l’accompagner. Elle partira toute seule, je la confierai au commandant. Mais elle est si petite. Le plus tôt sera le mieux. A la fin de l’année elle reviendra ; passer les vacances. Le jour du départ en voyage, la petite fille était prête, un nœud de ruban blanc attaché dans les cheveux. Le père portait la valise et tenait la petite fille par la main. La petite fille serrait contre elle une poupée de chiffon. Allons-y, c’est l’heure. Une jolie petite fille ne pleure pas. L’odeur du bateau rendait l’air plus épais. Commandant, voici ma fille. Mais elle est si petite. Le père ne voulut pas attendre le départ du bateau. La petite fille s’agrippait aux lourds cordages du bastingage. Le père s’en allait, sans se retourner. Les marins pleuraient de voir pleurer la petite fille. Le père s’éloignait de plus en plus, sans se retourner. Le bateau quitta le quai, tandis que s’agitaient les mouchoirs blancs. Les passagers pleuraient face aux sanglots de la petite fille. La poupée tomba dans l’eau, la petite jupe gonflée par le vent. Le ruban blanc des cheveux de la petite fille flottait entre les vagues de la mer. Le père disparut sans se retourner. La petite fille, toute petite, voyant l’eau monter vers elle, fixait le fond de la mer.

Participation à des ouvrages collectifs

Plus de trente ouvrages, notamment des anthologies de contes et de poèmes traduits, dont :

Bibliographie

Poèmes

Corpo no cerco. 2ª. ed. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1989.

Maramar. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1980.

O outro lado do dia. Poemas de uma viagem ao Japão Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1995.

Além de Estar. Antologia Poética e inéditos. Bahia: Prosa e Poesia. Rio de Janeiro: Imago; Salvador : Fundação Cultural do Estado da Bahia, 2000.

Cantos e cantares. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 2005.

Caminhos de quando e além: diálogo com poemas de Fernando Pessoa. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 2007.

Contes

Os provisórios. 2ª. ed. Rio de Janeiro: Antares, 1990.

Cem mentiras de verdade. 2ª. ed. Rio de Janeiro: José Olympio, 1990.

A casa e as casas. 2ª. ed. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1998.

Vento ventania vendaval. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1998.

Racconti. Antologia bilíngüe. Roma: Antonio Pellicani Editore, 1998.

Falas e Falares. Minicontos. Editora Mulheres, Ilha de Santa Catarina, 2011.

Romans

Mulher no espelho. 9ª. ed. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 2003.

As doze cores do vermelho. 2ª.ed. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1998.

Claras manhãs de Barra Clara. Rio de Janeiro: Mondrian, 2002.

Ich und die Frau die mich Schreibt. St. Galen-Wurpertal: Edition Diá, 1989.

Women between Mirrors. Austin: University of Texas. 1989.

Essais

Jeremias, a palavra poética. Leitura de Cassiano Ricardo. Rio de Janeiro: José Olympio, 1979.

O lírico e o trágico em Leopardi. São Paulo: Perspectiva, 1980.

Os melhores contos de João do Rio. São Paulo: Global, 1990.

Mulheres inventadas. Leitura psicanalítica de textos na voz masculina. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1994.

Mulheres inventadas 2. Visão psicanalítica, descompromissada e interdisciplinar de textos na voz masculina. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1997.

Desafiando o cânone (Organização e coordenação). Aspectos da literatura brasileira de autoria feminina dos anos 70/80, prosa e verso. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 1999.

Desafiando o cânone (2) (Organização e coordenação). Ecos de vozes femininas na literatura brasileira do século XIX. Rio de Janeiro: Faculdade de Letras da Universidade Federal do Rio de Janeiro, 2001.

Além do cânone (Organização e coordenação). Vozes femininas cariocas estreantes na poesia dos anos 90. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 2004.

Quem conta um conto (Organização e coordenação) – estudos sobre contistas brasileiras estreantes nos anos 90 e 2000. Rio de Janeiro: Tempo Brasileiro, 2008.

Littérature enfantine

Os amigos invisíveis de Marcelo. São Paulo: Global, 2003.

Fourteen female voices from Brazil: interviews and works. Austin, Texas: Host Publications, 2002, 09 p. (p.39-62).

Daughters of restlessness: women’s literature at the end of the millenium. Edited by COELSCH-FOISNER, Sabine; WALLINGER, Hanna; REISNER, Gerhild. Heidelberg, Universitäts verlag C. Winter, 1998. p. 227-238.

Entre resistir e identificar-se. Para uma teoria da prática da narrativa brasileira de autoria feminina: SHARPE, Peggy et alii.. Florianópolis, Ed. Mulheres. Goiânia, Editora da UFG, 1997. p. 107-137.

Des études sur l’œuvre d’Helena Parente Cunha parues dans des thèses de doctorat et des mémoires de master soutenus dans diverses Universités brésiliennes et américaines ainsi que dans des articles de journaux figurent sur le site: www.helenaparente.com.br

Pour citer ce document

Christine Montech et Regina Antunes Meyerfeld, «Traduction de neuf micronouvelles tirées du recueil Cem mentiras de verdade de Helena Parente Cunha», Reflexos [En ligne], N° 001, Fictions, mis à jour le : 10/05/2017, URL : https://revues.univ-tlse2.fr:443/reflexos/index.php?id=212.