Slavica Occitania

La Roumanie aux marches du monde slave - Littérature

[Sommaire du numéro]

Roger Comtet

L’écrivain russe Vladimir Korolenko (1853-1921) en Roumanie

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Résumé

L’écrivain russe et publiciste Vladimir Galaktionovič Korolenko (1853-1921) appartient pleinement à la mouvance populiste des narodniki, depuis sa participation à l’épopée de la « Plongée dans le peuple » (Xoždenie v narod) au début des années 1870 jusqu’à la succession de Nikolaj Mixajlovskij à la tête de la revue Russkoe Bogatstvo en 1904. Cette sensibilité se lit dans la plupart de ses récits cependant que dans son autobiographie Histoire de mon contemporain (1906-1921) il s’est fait l’annaliste du mouvement à ses débuts. Ses séjours répétés en Roumanie de 1893 à 1911 sont une exception dans une vie qui s’est pour l’essentiel déroulée à l’intérieur des frontières de l’Empire russe mais là encore son populisme est bien présent. C’est chez son beau-frère Vasilij Ivanovskij, activiste populiste qui avait trouvé asile dans la Dobroudja, qu’il séjourne et c’est le milieu des réfugiés politiques russes qu’il y fréquente surtout, ainsi que la population des Lipovènes, vieux-croyants russes dont les ancêtres s’étaient établis là jadis pour échapper aux persécutions et qui s’adonnaient traditionnellement à la pêche dans le delta du Danube. Tout cela se reflète dans ses carnets et ses correspondances cependant que l’ethnologie et les paysages grandioses du Delta lui inspirent quelques belles « esquisses » (očerki) en prose poétique qui sont de nouvelles variations lyriques sur l’éternelle âme du peuple et l’antagonisme Occident-Orient en ces terres de confins. Il reste à se demander en fin de compte si l’écrivain, dans sa russité, a véritablement saisi toute la spécificité d’une terre à la fois si proche et si différente de sa patrie.

Abstract

Russian writer and journalist Vladimir Galaktionovic Korolenko (1853-1921) fully belongs to the populist trend of the narodniki, from his participation in the “Call to the Russian people” epic (Xoždenie v narod) at the beginning of the 1870s to the taking over from Nikolaj Mixajlovskij as editor of the Russkoe Bogatstvo magazine in 1904. Such a feature is visible in most of his works, and especially in his autobiography – The History of My Contemporary (1906-1921) – in which he narrates the history of the movement from its early beginnings. Though he frequently travelled to Romania between 1893 and 1911, he spent the largest part of his life within the boundaries of the Russian Empire, in which his populism was nonetheless very pregnant. He stayed with his brother-in-law Vasilij Ivanovskij – a populist activist who took refuge in Dobruja – and mainly met with Russian political refugees and the Russian Old Believers population whose ancestors once settled there to escape the persecutions, fishing in the Danube Delta. Such encounters are reflected in his notebooks and in his letters, while ethnology and the magnificent Delta landscapes are a source of inspiration for some beautiful poetic prose “sketches” (ocerki) – new lyrical variations on the soul of the people and the perpetual antagonism between Occident and Orient in those remote lands. One could wonder though if this Russian writer genuinely captured the very gist of a land both so close and so different from his own homeland.

Pour citer ce document

Roger Comtet, «L’écrivain russe Vladimir Korolenko (1853-1921) en Roumanie », Slavica Occitania Numéro 27 - La Roumanie aux marches du monde slave, 2008, p. 109-128.