Slavica Occitania

1917 : les révolutions russes, le chantier d’une nouvelle culture ? - I. LES RÉVOLUTIONS RUSSES DE 1917 DANS LES AVANT-GARDES EUROPÉENNES

[Sommaire du numéro]

Harri Veivo

L’URSS dans la géopolitique du groupe d’avant-garde finlandais Tulenkantajat dans les années 1920?

Résumé

La Finlande devient indépendante dans le chaos de la révolution russe en décembre 1917 et devient rapidement un refuge pour de nombreux émigrés, dont certains – par exemple Edith Södergran, Henry Parland et Ernest Pingoud – vont durablement influencer l’essor du modernisme et de l’avant-garde dans leur nouveau pays. Au-delà de ce cercle nourri par la culture russe et les milieux cultivés de Saint-Pétersbourg, l’image de la modernité politique et culturelle du pays voisin reste ambiguë. Le système communiste suscite de la méfiance, mais en même temps, la modernité soviétique dans les arts et, pour certains, dans la vie culturelle et politique représente une option qui mérite attention, à pied d’égalité avec l’art et la littérature contemporaine de l’Europe centrale et occidentale dans le projet de moderniser la vie culturelle finlandaise. Les arts et la littérature – surtout le théâtre et le cinéma – de l’Union soviétique participent ainsi au « discours du retard » des modernistes finlandais de l’époque (selon les protagonistes de l’époque, la Finlande accuse un retard par rapport à l’expérimentation artistique faite dans les grands centres européens – et en URSS) et à la nouvelle géographie européenne qu’ils essaient de créer. Dans mon article, j’analyserai la perception et l’interprétation du modernisme soviétique par les jeunes auteurs proches du groupe des Tulenkantajat, avec une attention particulière sur leur discours sur l’espace, le temps et l’identité nationale, c’est-à-dire leur effort de négocier une place pour la Finlande sur la carte de la modernité artistique internationale.

The USSR in the geopolitics of the Finnish avant-garde of the 1920s

Abstract

In the 1920s, young writers and intellectuals sought to modernize Finnish literature by introducing into the country avant-garde movements from abroad. In this work, Russian and Soviet artists and writers were seen as important pioneering figures. While there were close historical relations between the cultural circles in Finland and in its eastern neighbour, the political system of the Soviet Union was however considered by suspicion by the young Finns who mostly belonged to the liberal middle class. Importing the avant-garde from the east was thus a complex process of negotiation where politics and art had to be carefully distinguished. The article focuses on authors who belonged to the Tulenkantajat-group and especially on Olavi Paavolainen.

СССР в геополитике финского авангарда 1920-х гг.

Peзюмe

В 1920-е годы молодые писатели и интеллектуалы стремились модернизировать финскую литературу, внедряя в страну авангардные движения из-за рубежа. Русские и советские художники и писатели были важными первопроходцами этого новаторского направления в искусстве. Несмотря на тесные исторические связи между культурными кругами Финляндии и её восточного соседа, политическая система Советского Союза, молодыми финнами, принадлежавшими в основном к либеральному среднему классу, воспринималась с подозрением. В связи с этим для заимствования авангардных форм велись сложные переговоры, в которых политика и искусство должны были тщательно отделяться друг от друга. Статья посвящена авторам, состоявшим в литературной группе « Пламеносцы » и, в частности, её центральной фигуре Олави Пааволайнену.

Pour citer ce document

Harri Veivo, «L’URSS dans la géopolitique du groupe d’avant-garde finlandais Tulenkantajat dans les années 1920?» in Caroline Bérenger (éd.) 1917 : les révolutions russes, le chantier d’une nouvelle culture ?, Slavica Occitania, 51, 2020, p. 91-107.